Évolution Disparition

Le 3C … pour faire bref et pour comprendre ce nouveau concept de lieu, attaquons la lecture du vademecum « Vers des centres de connaissances et de culture ». 

  • Les CDI doivent évoluer parce que les technologies elles-même ont évolué, modifiant du coup les conditions d’accès à l’information et aux connaissances… OK. J’imagine que beaucoup de CDI ont déjà commencé cette évolution.

  • Le 3C doit répondre aux besoins de tous et doit être pensé collectivement… « Aux besoins de tous », OK / « Pensé collectivement », là ça devient plus difficile…

  • Le 3C propose des ressources et services pour que les élèves deviennent autonomes, juste accompagnés, aidés, conseillés… par qui ?

  • Le 3C est une sorte de self-service libéré du temps et de l’espace, en tout lieu et à toute heure… Peu crédible.

Je ne tiens pas à livrer, dans le détail, un avis, une réflexion, une critique, d’autres le font bien mieux que moi. Je peux juste dire que, de ces 3C, je n’en pense pas que du bien, ni que du mal. Les gars des bureaux de là-haut, tout là-haut, tout là-haut, ont pensé l’évolution d’un espace (évolution qui n’est sur certains points pas tout à fait aberrante je trouve) et tentent de l’imposer. Mais ils se sont bien gardés d’aborder le rôle, les missions, le statut voire même l’identité de ceux qui y travailleront.

Pour moi, cette histoire de 3C fait partie d’une volonté présente depuis bien longtemps déjà dans l’enseignement secondaire : le refus de donner au prof doc les moyens d’enseigner sereinement (non-reconnaissance de son rôle pédagogique) et d’instaurer une discipline « Sciences de l’Information et de la communication » (ou tout autre nom qu’on pourrait lui donner)1.

Il ne faut pas se leurrer, jamais le prof doc ne sera responsable d’un enseignement. Vous imaginez des profs docs faisant officiellement cours ? Les gars de là-haut, tout là-haut seraient obligés de repenser le temps de présence des profs docs dans leur établissement (1 heure de cours = 1 heure de préparation), de recruter pour pallier à cette réduction de temps de présence, de former davantage de personnels. Honnêtement, tant d’argent serait dépensé pour ça ? Non. Ca coûterait trop cher. A mon avis, il n’y a aucun espoir pour que la situation s’améliore, vraiment aucun. C’est une position défaitiste, je sais, mais même collectivement nous n’avons que peu la main sur ce dossier et nous ne pouvons que limiter les dégâts. C’est terrible.

Je crois que dans les années à venir, le travail de prof doc va changer : nous serons davantage documentaliste et de moins en moins professeur voire plus du tout, une sorte d’agent technique de la doc au service de tous. Je n’ai pas « signé » pour ce métier là, alors même si je pense que la bataille est vaine, je ne baisse pas les bras. Je crois en mon travail et je suis convaincue que j’ai mon rôle à jouer dans la formation de l’élève, pour qu’il soit un citoyen d’aujourd’hui avec toutes les nouvelles compétences/connaissances/compréhension que cela implique. J’espère qu’à l’avenir j’aurai encore assez de liberté pour m’échapper du cadre tracé par les gens de là-haut, tout là-haut et pour réinventer mon travail, me le réapproprier avec ces nouvelles contraintes et par des chemins détournés continuer à enseigner.

J’espère que je pourrai reconstruire le métier dans lequel je me suis engagée.

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1 Pour l’instant, je ne veux pas entrer dans le débat du « faut-il une discipline ? Un enseignement transversal ? Le prof doc ne va-t-il pas perdre sa liberté ? Etc.. on en lit assez sur les listes de discussion.

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